( 21 février, 2018 )

JEU DE MAINS, JEU DE VILAINS

Pourquoi dit-on :

« JEU DE MAINS, JEU DE VILAINS » ?

Cette locution proverbiale, connotée sexuellement de nos jours, signifie que les jeux impliquant les mains se terminent toujours mal.

Si on ne relève son utilisation qu’au XVIIe siècle, son origine est bien antérieure.

Au Moyen Âge, les « vilains » étaient les paysans, appartenant, donc, à la classe la moins aisée de la population.

Or, pour se battre, ils ne possédaient que leurs mains, ou plutôt leurs poings. Contrairement aux personnes plus à l’aise financièrement, qui utilisaient des armes. 

De plus, les vilains pouvaient, par jeu, se taquiner physiquement, là encore avec leurs mains. Des jeux qui finissaient souvent en véritables bagarres. 

En toute hypothèse, les jeux de mains étaient pratiqués par les vilains, d’où l’expression. 

Aujourd’hui, elle fait allusion soit au sexe, soit aux jeux des enfants, qui, par nature, peuvent vite dégénérer.

( 20 février, 2018 )

MANGER LES PISSENLITS PAR LA RACINE

Pourquoi dit-on

« MANGER LES PISSENLITS PAR LA RACINE » ?

Ceux qui « mangent les pissenlits par la racine » sont morts et enterrés.

Née au milieu du XIXe siècle, l’expression cite expressément les pissenlits, car cette plante a la particularité de pousser rapidement et naturellement, notamment dans la terre fraichement labourée ou retournée. On trouvait donc souvent des pissenlits à l’endroit où la terre avait été creusée pour enterrer quelqu’un.

Rapidement, on se mit à considérer qu’il devait s’agir de la nourriture des personnes décédées, puisqu’elle poussait sur leurs tombes.

Mais pourquoi « « par la racine » ? Tout simplement parce qu’il s’agit de la partie de la plante à laquelle les morts, de par leur position sous terre, ont accès en premier. Ils sont plus proches des racines que des feuilles. Ils mangent donc les pissenlits par la racine !

Victor Hugo utilisa le premier cette expression dans les Misérables : « Etre mort, cela s’appelle manger les pissenlits par la racine […] ».

( 20 février, 2018 )

BON PIED, BON OEIL !

 

Pourquoi dit-on :

« BON PIED, BON OEIL ! » ?

Celui qui est ainsi qualifié a l’air en bonne santé. Il est vif et fringant.

Cette personne a « bon pied » : elle marche donc sans difficulté. Elle a de surcroît « bon oeil », puisqu’elle a une bonne vue.

Il s’agit le plus souvent d’une personne d’un certain âge.

Cette expression date du XVIIe siècle. « De bon oeil » signifiait alors « avec franchise ». Et, à la même époque, « aller de bon pied » était utilisé pour désigner une marche à un bon rythme.

On trouve ainsi l’explication suivante : dès 1694, dans le dictionnaire de l’Académie : « On dit au figuré « bon pied bon oeil » pour avertir un homme de prendre garde à lui. « Il faut avoir bon pied bon oeil avec quelqu’un » signifiant « il faut être extrêmement alerte pour s’empêcher d’être surpris par l’autre ». »

On trouve enfin « bon pied, bon œil » dans Les Fourberies de Scapin de Molière en 1671, quand un personnage donne l’impression de se donner du courage par la formule suivante: « Point de quartier. Donnons. Ferme. Poussons. Bon pied, bon œil ! ».

( 13 février, 2018 )

ETRE DANS LES CLOUS

Pourquoi dit-on

« ETRE DANS LES CLOUS » ?

“Etre dans les clous” signifie respecter les règles ou les limites imposées.

Jusqu’en 1950, dans les rues, les passages piétons n’étaient pas matérialisés par des bandes blanches parallèles, mais par de gros clous plantés dans le sol, bombés sur le dessus.

Les voitures pouvaient y rouler sans risque de crevaison, tout comme les piétons, qui pouvaient poser le pied dessus sans danger.

Cette rangée de clous a donné naissance à l’expression « passage clouté ».

Pour respecter les règles et se conformer à la loi, il fallait donc utiliser ce passage, c’est à dire au sens propre « passer entre des clous ».

Il fallait littéralement « être dans les clous ». 

Paradoxalement, l’expression ne vit, elle, le jour que lorsque les bandes blanches commencèrent à remplacer les clous.

On se mit, alors, à n’être dans les clous que métaphoriquement.

( 13 février, 2018 )

« LA PERFIDE ALBION »

Pourquoi dit-on « LA PERFIDE ALBION »

pour parler de l’Angleterre ?

« La perfide d’Albion » désigne l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle. 

Durant l’Antiquité, ce pays s’appelait « Albion ». Ce terme vient du latin « alba » qui veut dire « blanc », allusion à la couleur des hautes falaises auxquelles on fait face quand on atteint le Royaume Uni par le sud. 

Quant à l’adjectif « perfide », il aurait été choisi par Bossuet, au XVIIe siècle, pour parler de nos chers voisins, avec lesquels la France a longtemps entretenu des relations peu amicales ! C’est le moins qu’on puisse dire…

L’origine de cette défiance mutuelle date de la bataille d’Azincourt en 1415, à la fin de laquelle les Anglais, victorieux malgré leur infériorité numérique, ont massacré les prisonniers et blessés français.

Cette bataille est d’ailleurs souvent considérée comme la fin de l’ère de la chevalerie en France.

On trouve la première trace de cette expression dans un poème écrit par Augustin Louis de Ximénès en 1793.

( 9 février, 2018 )

FAIRE CHOU BLANC

Quelle est l’origine de l’expression

« FAIRE CHOU BLANC » ?

 

« Faire chou blanc » consiste à ne pas réussir, essuyer un échec.

Deux hypothèses existent quant à son origine.

Elles considèrent toutes les deux que « chou blanc » vient d’un « coup blanc », mais pas du même « coup ».

La première explication semble la plus probable : au XVIe siècle, le jeu de quilles était très apprécié.

Or dans le Berry, un coup se disait un « choup ». Quand un des joueurs ratait la quille, ou bien ne marquait aucun point, on disait qu’il avait fait un « coup blanc », c’est à dire un « choup blanc » en langage berrichon.

Cette explication semble plus pertinente que la seconde selon laquelle le « coup blanc » serait celui qui désigne un coup de feu.

En effet les anciennes armes à feu produisant une fumée blanche lors de chaque tir, même si la cible n’était pas atteinte, la fumée blanche s’en échappait quand même !

( 2 février, 2018 )

PRENDRE DES VESSIES POUR DES LANTERNES

Quelle est l’origine de l’expression :

« PRENDRE DES VESSIES POUR DES LANTERNES » ?

« Prendre des vessies pour des lanternes » consiste à être naïf, à se faire des illusions, bref, à se tromper lourdement.

L’origine de cette expression semble remonter au XIIIe siècle, une époque à laquelle on disait « vendre vessie pour lanterne ».

Des vessies de porc ou de bœuf étaient alors récupérées puis séchées, afin d’être utilisées comme récipients.

En raison de leurs fines parois, elles étaient translucides et laissaient passer la lumière. Aussi certains plaçaient-ils une simple bougie à l’intérieur et, ainsi, s’en servaient comme lanternes. Les vessies pouvaient donc servir, accessoirement, de lanternes de fortune.

De ce fait des personnes, pas très observatrices, ou naïves, pouvaient facilement penser que ces vessies étaient de véritables lanternes.

La forme de la vessie et la lueur dégagée par les bougies autorisaient même les marchands à faire passer les vessies suspendues au plafond de leur boutique pour des lanternes, et les vendre ainsi.

( 1 février, 2018 )

TROIS FRANCS SIX SOUS

Quelle est l’origine de l’expression

« TROIS FRANCS SIX SOUS » ?

« Trois francs six sous » est une somme d’argent ridicule.

Pour comprendre cette expression, il faut remonter au temps des sous, nom donné à différentes monnaies depuis l’antiquité.

Rapidement, « trois francs six sous » s’est mis à ne représenter que très peu d’argent.

A la fin du XIXe siècle, cette somme représentait le salaire d’une journée de travail d’un ouvrier, dans une usine de production ou à la mine. Douze heures de dur labeur pour gagner une si petite somme permettant, certes, de d’acheter à manger, mais guère plus !

Malgré les nouveaux francs successifs, l’expression est restée. Mais, de nos jours, le passage à l’euro risque bien de mettre un coup fatal à son usage.

Le mot « sou » a donné lieu à un nombre incalculable d’expressions françaises.

On peut notamment rapprocher « trois francs six sous » de la locution voisine « de quatre sous », visant, elle aussi, des choses sans valeur, et « sou par sou » signifiant « petit à petit ».

( 31 janvier, 2018 )

FAIRE DU RAMDAM

Pourquoi dit-on « FAIRE DU RAMDAM » ?

Faire du ramdam signifie faire beaucoup de bruit.

Il s’agit d’une déformation du mot « ramadan », le mois pendant lequel les musulmans ont pour consigne de ne pas manger, boire, fumer, ou même avoir de relations sexuelles, entre le lever et le coucher du soleil.

A la fin du XIXe siècle, en France, on utilisa le terme déformé en « ramdam » pour désigner les réunions sonores des familles, organisées par les musulmans une fois les journées d’abstinence achevées, et que certains considéraient comme du « tapage nocturne ».

Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats français utilisaient ce terme pour désigner un grand désordre ou même un fait soudain.

A noter que, dans l’argot des prostituées, « aller au ramdam » signifiait alors « faire l’amour ».

Et dans la langue provençale le mot « ramdam » désigne le vacarme que peuvent faire les chats la nuit, ou encore les plaintes des loups dans les forêts.

( 28 janvier, 2018 )

CONTER FLEURETTE

Pourquoi dit-on “CONTER  FLEURETTE” ?

 

L’expression quelque peu désuète « conter fleurette » signifie « tenter de séduire par les mots », « faire la cour ».

Plusieurs hypothèses existent quant à son origine.

Au XIIe siècle, le mot « florette » désignait une « petite fleur ». L’expression viendrait ainsi de la pratique consistant à dire à voix haute les mots que l’on écrivait par le passé sur du papier où de petites fleurs étaient représentées.

Mais au XVIe siècle le verbe « fleureter » signifiait mentir et « fleurette », voulait dire « baliverne et bagatelle ».

A l’époque, comme de nos jours, les mots doux, sans être de purs mensonges, pouvaient être dictés par la fin et justifier le recours à des vérités approximatives.

Il faut enfin évoquer Fleurette de Nérac, la première maîtresse du futur roi Henri IV.

Celui qui n’était encore que le prince de Béarn n’était âgé que de 12 ans quand, à l’été 1565, il croisa Fleurette, avec laquelle il vécut ses premiers émois.

1234
Page Suivante »
|