( 14 décembre, 2017 )

LE COUP DE JARNAC

Quelle est l’origine de l’expression « LE COUP DE JARNAC » ?

 

Un « Coup de Jarnac » est un coup porté de façon inattendue.

L’expression revêt une connotation négative, avec un sentiment de déloyauté.

Il s’agit d’une référence directe à un duel resté célèbre.

Le 10 juillet 1547, une affaire d’honneur conjugal opposa en duel le seigneur de Jarnac, Guy Chabot de Saint-Gelais, au futur roi Henri II, successeur de François Ier.

Le sire de la Chastaigneraie, François de Vivonne, désigné pour représenter le roi, est le grand favori. La Cour du roi assiste au duel au Château de Saint Germain-en-Laye.

Contre toute attente, et grâce à une botte secrète - un coup très habile effectué avec le revers de son épée – le seigneur de Jarnac remporta le duel, provoquant la mort de son adversaire.

Cette botte, pourtant inhabituelle, fut estimée loyale.

En conséquence le roi reconnut la victoire.

Pourtant à partir du XVIIIe siècle le « Coup de Jarnac » devient celui donné par traîtrise !

 

( 14 décembre, 2017 )

PEDALER DANS LA CHOUCROUTE

Pourquoi dit-on « PEDALER DANS LA CHOUCROUTE » ?

 

L’expression « pédaler dans la choucroute » est employée pour exprimer l’idée d’une difficulté à progresser.

Celui qui pédale ainsi perd le fil de sa pensée, a du mal à avancer, malgré sa volonté et les efforts fournis.

Elle est apparue lors des premières éditions du Tour de France, au XXe siècle.

La voiture qui fermait la course, qui se trouvait derrière l’ensemble des coureurs et qui était, et est encore appelée « voiture balai », faisait la publicité de marques de choucroute. Ainsi on se mit à dire que les coureurs en queue de peloton, donc les plus proches de cette voiture, « pédalaient dans la choucroute ».

Des variantes de cette expression existent, comme « pédaler dans la semoule » ou une version plus récente : « pédaler dans le yaourt », sans qu’il soit possible d’identifier avec certitude leur origine, si ce n’est que l’efficacité de ces pédalages est tout aussi incertaine que celui pratiqué dans la choucroute !

 

( 14 décembre, 2017 )

FAIRE DU GRINGUE

Pourquoi dit-on « FAIRE DU GRINGUE » ?

 

« Faire du gringue » consiste à draguer quelqu’un, chercher à le séduire.

Si la drague était un filet de pêche, le terme « gringue »? lui, désignait au XIXe siècle, du pain.

Sa signification, liée à la séduction, viendrait, bien qu’il s’agisse d’une hypothèse, d’une transposition d’une autre expression, « faire des petits pains » dont le sens était « chercher à séduire », « faire la cour ».

Le langage français emprunte, en effet, très souvent au vocabulaire gastronomique, des expressions pour exprimer l’idée de séduction ou de rapports amoureux, comme dans l’expression « dévorer du regard ».

Ainsi on trouve « faire du gringue » dès 1905 dans L’argot au XXe siècle.

(Voir le « Dictionnaire français-argot » d’Artistide Bruant et Léon de Bercy).

Ne confondons pas celui qui « fait du gringue » avec celui qui « fait la bringue ».

Même si, il faut bien en convenir, les deux activités sont loin d’être incompatibles !

( 7 décembre, 2017 )

SE METTRE EN QUATRE

D’où vient l’expression « SE METTRE EN QUATRE » ?

 

« Se mettre en quatre » signifie se donner beaucoup de mal, fournir des efforts considérables pour rendre service, la plupart du temps au bénéfice d’une personne.

Cette expression date du XVIIe siècle.

La première hypothèse vient de l’idée qu’il s’agit de « plier son corps en quatre » pour parvenir à un résultat donné. L’image produite est explicite et évoque immédiatement un effort particulièrement prononcé, proche du sacrifice.

Mais une autre interprétation est possible.

L’expression pourrait aussi provenir de l’idée qu’une tâche ardue est plus facile à réaliser si quatre personnes y participent, plutôt qu’une seule. Si malgré tout celle-ci se lance toute seule dans sa réalisation il faudra qu’elle se démultiplie pour venir à bout du travail. Elle se sera « mise en quatre personnes » et aura donc fourni un effort considérable.

Pour d’autres enfin, elle fait référence à l’expression « mettre en quatre quartiers » qui est une allusion directe aux efforts du bourreau pour écarteler un condamné.

 

( 7 décembre, 2017 )

MINUTE PAPILLON !!!

Quelle est l’origine de l’expression « MINUTE, PAPILLON ! » ?

 

« Minute, papillon ! » est une expression assez récente puisqu’elle date du début du XXème siècle.

Son origine est encore aujourd’hui incertaine.

Deux hypothèses existent sans qu’il soit possible de les départager.

Selon la première il s’agit de demander de ralentir le rythme à celui qui se comporte comme un papillon, volant de fleur en fleur rapidement, sans se poser nulle part très longtemps et qui agit avec impatience ou inconstance. L’injonction consiste donc à lui demander de cesser de « papillonner ».

La seconde explication ne présente aucun lien avec l’insecte.

En 1930 des journalistes du Canard Enchaîné fréquentaient le Café du Cadran à Paris.

Là, un serveur du nom de Papillon aurait eu pour habitude de répondre à toute requête provenant des clients par un systématique « minute, j’arrive ! ».

Amusés par le caractère répétitif de la réplique ils l’auraient surnommé « Minute Papillon » et auraient ensuite popularisé l’expression.

( 1 décembre, 2017 )

LE CLOU DU SPECTACLE

D’où vient l’expression  » LE CLOU DU SPECTACLE  » ?

« Le clou du spectacle » est la partie la plus extraordinaire et étonnante d’un événement, le plus souvent situé à la fin d’une représentation théâtrale ou de tout autre spectacle donné en présence d’un public.

Aussi incongru que cela puisse paraître, on doit cette expression à la comparaison, au XIXème siècle, avec un vrai clou.

Le spectateur serait ainsi saisi par un moment précis dans un spectacle, comme un objet peut l’être à un mur lorsqu’on enfonce un clou.

Son attention est « fixée ». Il est « cloué ».

De cette manière, une fois l’objet cloué au mur, il attire l’intérêt de tous. L’origine de l’expression peut donc venir des deux effets engendrés par l’objet ainsi cloué.

Alphonse Daudet l’utilise pour la première fois dans « Trente ans de Paris »: « Si nous mettions votre tambourinaire dans la pièce ? Il manque un clou : ça pourrait peut-être servir à accrocher le succès ! ».

( 1 décembre, 2017 )

AVOIR MAILLE A PARTIR

D’où vient l’expression « avoir maille à partir » avec quelqu’un ?

Avoir maille à partir avec quelqu’un signifie être engagé dans un vif débat ou désaccord avec quelqu’un. Il peut s’agir d’une dispute.

L’origine de cette expression date des Capétiens, à partir du XIème siècle. A cette époque il y a plusieurs monnaies. On peut citer la livre et le sou, qui en est le vingtième, mais aussi le denier, qui est le douzième d’un sou, et enfin la maille qui est la moitié du denier. La maille était donc en bas de l’échelle des monnaies. Elle était, au Moyen Âge, la plus petite monnaie de bronze du système divisionnaire des monnaies. Elle avait très peu de valeur.

Tellement peu de valeur qu’elle ne pouvait pas être divisée ni partagée. Pour se l’approprier il fallait se la disputer. Ainsi l’expression serait née. Avoir maille à partir avec une personne voulait dire, dès l’origine, avoir un désaccord.

A noter que, jusqu’au XVIIème siècle, on disait plutôt « avoir maille à départir » car jusqu’à cette époque « départir » signifiait « partager ».

( 1 décembre, 2017 )

SE TENIR DROIT DANS SES BOTTES

Pourquoi dit-on « se tenir droit dans ses bottes » ?

Remise au goût du jour par Alain Juppé en 1995, cette expression n’a pas d’origine totalement attestée.

Malgré cette incertitude il semble qu’elle vienne du monde militaire et en particulier des cavaliers qui avaient l’obligation d’adopter une posture droite sur leur selle et dans leurs bottes.

Avec le temps « se tenir droit dans ses bottes » a pris un sens figuré, presque moral, pour désigner une attitude déterminée, immuable et ferme, avec l’assurance d’avoir la morale de son côté.

Une autre origine a été soulevée par certains linguistes. Elle pourrait être ainsi en lien avec une autre expression, d’origine flamande celle-là, « avoir une petite pièce dans ses bottes » utilisée pour désigner un état d’ébriété. La « petite pièce » empêchant de se tenir et de marcher droit. Donc, à l’inverse, en son absence, on peut s’y tenir droit, avoir pleine possession de ses moyens et afficher de la détermination.

( 27 novembre, 2017 )

TIRER SON EPINGLE DU JEU

Pourquoi dit-on « TIRER SON EPINGLE DU JEU » ?

 

« Tirer son épingle du jeu » consiste à bien se tirer d’affaire, à tirer un bénéfice d’une situation ou, du moins, à s’en retirer sans perte.

Cette expression remonterait au 15ème siècle.

A cette époque les fillettes jouaient à un jeu dit « jeu des épingles ».

Celui-ci consistait, à l’aide d’une balle qu’elles envoyaient contre un mur, à déloger des épingles qui avaient été préalablement disposées dans un cercle sur le sol. L’objectif pour chaque joueuse était de récupérer au moins l’épingle mise en jeu.

Dès lors, on comprend aisément pourquoi « tirer son épingle du jeu » prit le sens de réussir à sauvegarder ses intérêts.

Cependant il faut souligner l’allusion érotique contenue dans l’expression.

L’épingle y serait la représentation symbolique du sexe masculin.

Puisqu’à l’époque il n’existait pas de moyen de contraception efficace, il convenait, pour les hommes qui ne souhaitaient pas devenir pères, de retirer au bon moment leur « épingle » du jeu amoureux.

( 27 novembre, 2017 )

AVOIR LE BEGUIN

Pourquoi dit-on : « AVOIR LE BEGUIN » ? 

 

« Avoir le béguin » pour quelqu’un consiste à en être amoureux, souvent de façon passagère.

Cette expression date du 18ème siècle.

Mais pour en saisir l’origine, il faut s’intéresser à la racine du mot « béguin » qui remonte au 12ème siècle. Un « béguin » était alors une coiffe portée par des femmes menant une vie religieuse sans être pour autant des nonnes, mais vivant tout de même leur foi en communauté et appelées les « béguines ».

Elles se nommèrent ainsi car leur mouvement fut fondé en Belgique par Lambert le Bègue, dont on dit qu’il avait un grand talent pour faire naitre la foi chez les femmes.

Tiré du mot « béguin », le verbe « s’embéguiner » signifiait à l’origine « se coiffer d’un béguin ».

Puis, au 18ème siècle, on l’utilisa en argot pour signifier au figuré « tomber amoureux » de façon rapide et un peu absurde, pour celle ou celui qui se laissait prendre soudainement par la passion.

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