( 30 juin, 2018 )

JETER L’EPONGE

Pourquoi dit-on

« JETER L’EPONGE » ?

 

« Jeter l’éponge » consiste à abandonner la réalisation d’une tâche.

Cette expression a une origine sportive.

On la doit à un geste que l’on vit, pour la première fois, sur les rings de boxe, en Angleterre, au XIXe siècle.

C’est à cette époque que naissent les règles auxquelles se soumettent les pratiquants du noble art. 

Dans ce sport, entre deux rounds, les boxeurs s’assoient dans leurs coins. Face à eux, les entraîneurs les rafraîchissent, et nettoient leur visage avec une éponge.

Si, pendant le combat, un poulain prend trop de coups, l’entraîneur peut jeter cette éponge sur le ring pour indiquer son désir de mettre fin à la rencontre.

On voit apparaître cette expression à la fin du XIXe siècle en Angleterre, puis, très rapidement, en France dès le début du XXe, avec un usage d’abord limité à la boxe.

L’expression fut, par la suite, étendue à d’autres domaines, dans lesquelles aucune éponge n’est, d’ailleurs, utilisée !

 

 

( 30 juin, 2018 )

UNE VICTOIRE A LA PYRRHUS

Quelle est l’origine de l’expression :

« UNE VICTOIRE A LA PYRRHUS » ?

Une « victoire à la Pyrrhus » est une victoire qui donne lieu à de lourdes pertes pour le vainqueur.

Cette expression fait référence aux dommages considérables subis par l’armée du roi Pyrrhus d’Épire, face aux Romains, pendant les batailles d’Héraclée et d’Ausculum, au IIIe siècle avant Jésus Christ.

Pyrrhus était, en effet, un dangereux adversaire du temps de la Rome antique ! Mais, malgré ses victoires lors de ces affrontements, les batailles décimaient ses troupes.

Les Romains tombés au combat étaient remplacés, alors que c’était plus difficile dans l’armée de Pyrrhus.

A tel point, que le roi prononça ces mots : « Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus ! ». Les victoires n’étaient donc pas susceptibles de le réjouir. Elles avaient un goût amer !

Malgré son origine militaire, l’expression est utilisée aujourd’hui dans de nombreux autres domaines, comme la politique, ou encore le sport.

( 30 juin, 2018 )

TOUT DE GO

 

Pourquoi dit-on

« TOUT DE GO » ?

 

L’expression « tout de go » signifie : directement, sans préambule ni précaution.

Elle est née au XVIIe siècle.

«Go » n’a rien à voir avec le jeu de plateforme d’origine chinoise !

Et pas d’avantage avec le verbe anglais « aller » !

Cette locution est, en revanche, en lien direct avec l’expression ancienne « avaler tout de gob » dont elle est la formule simplifiée.

Le terme « gob » qui a donné le verbe « gober », est une technique d’ingestion des aliments. Or, l’acte de gober est réalisé rapidement. Gober consiste donc précisément à s’alimenter de façon hâtive.

Il est donc logique que l’action réalisée « tout de go » le soit aussitôt, en un instant !

Au sens figuré le verbe « gober » prit naturellement le sens de « croire facilement, sans réfléchir ». Celui qui « gobe tout ce qu’on lui dit » ne prend pas le temps de réfléchir et « gobe » les informations comme il le ferait avec un œuf !

( 21 juin, 2018 )

RONGER SON FREIN

Pourquoi dit-on

« RONGER SON FREIN » ?

 

« Ronger son frein » consiste à s’efforcer de contenir son envie de réaliser quelque chose.

Il s’agit donc de se retenir, dans la frustration, malgré une vive impatience.

Cette expression apparaît au Moyen-âge.

A cette époque, le cheval a une grande importance dans la vie quotidienne.

Dès le XIIe siècle, on utilise le mot « frein » pour désigner ce que nous nommons aujourd’hui « le mors », c’est-à-dire le dispositif métallique placé dans la bouche du cheval et qui, étant relié aux rênes, permet de conduire l’animal.

Quand il n’est pas monté et qu’il subit un repos forcé, le cheval peut trépigner d’impatience. Pour tromper l’ennui il peut ronger son mors en attendant de pouvoir à nouveau galoper. Il ronge donc, au sens propre, son « frein ».

L’homme qui refrène son envie d’agir, ou de s’exprimer, fait de même, mais au figuré !!!

 

 

( 21 juin, 2018 )

SE FAIRE DU MOURON

Quelle est l’origine de l’expression

« SE FAIRE DU MOURON » ?

 

L’expression  « se faire du mouron » signifie qu’une personne se fait beaucoup de soucis.

Le mot « mouron » est pour le moins énigmatique.

Il désigne des herbes de très petite taille que l’on trouve à la campagne !

Or, depuis le XIXe siècle, on utilise ce mot, en argot, pour parler d’une touffe de poils, ou de la chevelure.

L’expression signifie donc, littéralement, « se faire des cheveux », qui n’est que la forme simplifiée d’une autre expression « se faire des cheveux blancs ». Par ricochet, l’expression « se faire du mouron » s’est mise à signifier, au XXe siècle « se faire de la bile », autre expression au sens équivalent.

On remarque que ces expressions, qui ont toutes la même signification, font toutes référence à une production involontaire du corps humain, comme si l’impossibilité, ou l’incapacité, à en contrôler le surgissement ou la transformation (dans le cas de la couleur blanche des cheveux) était source d’une grande inquiétude pour les hommes…

 

( 21 juin, 2018 )

UNE VIE DE PATACHON

Quelle est l’origine de l’expression

« UNE VIE DE PATACHON » ?

 

Celui qui a une vie de patachon mène une vie de débauche.

Au XVIIIe siècle, une patache était un bateau navigant sur les fleuves, dans le but de collecter l’impôt.

Puis, au siècle suivant, ce mot désigna les véhicules de mauvaise qualité, le plus souvent de vieilles diligences, inconfortables et désespérément lentes, transportant les moins fortunés.

Ses conducteurs, les patachons, étaient réputés pour leur vie dissolue. Pour eux, les haltes dans les tavernes étaient très fréquentes. Ils buvaient beaucoup et souvent, et s’arrêtaient pour passer du bon temps avec les filles dites « de petite vertu ».

L’expression « mener une vie de patachon » a ainsi survécu aux siècles et s’est fixée dans la langue française pour toute personne à la vie déréglée.

Mais le mot « patachon » est aussi utilisé, dans certains domaines spécifiques, avec un sens différent.

Par exemple, dans le monde du rail, un patachon est un train de marchandise non prioritaire.

( 21 juin, 2018 )

RESTER SUR LE CARREAU

Quelle est l’origine de l’expression

« RESTER SUR LE CARREAU » ?

 

Rester ou être « sur le carreau » consiste à être dans une situation difficile, laissé de côté, voire vaincu.

Plusieurs hypothèses existent quant à l’origine de cette expression, dont celle évoquant le « carreau » de la mine.

Pour la première, il s’agit de l’endroit d’où les mineurs étaient appelés pour descendre travailler sous terre. Ceux qui ne l’étaient pas ne rejoignaient pas le groupe. Ils restaient donc « sur le carreau »…

La deuxième hypothèse est plus ancienne. En effet une forme ancienne de « sur le carreau » apparaît dès le XVe siècle.

On se met alors à désigner par le terme « carreaux », les pavés de terre cuite utilisés pour les sols, et sur lesquels gisaient les personnes décédées.

On dit, enfin, que le carreau serait celui du jeu de paume. Durant une partie, lorsque l’un des joueurs tombait pour parvenir à taper la balle, il perdait le point. Il restait donc sur le carreau !

( 29 mai, 2018 )

SE METTRE MARTEL EN TÊTE

D’où vient l’expression

« SE METTRE MARTEL EN TÊTE » ?

 

« Se mettre martel en tête » signifie s’inquiéter pour une situation, ou au sujet d’une personne.

A première vue, il s’agirait d’une référence directe à Charles Martel, grand-père de Charlemagne.

Mais il n’en est rien.

Ce « martel » est un ancien outil, une sorte de marteau.

A l’origine, c’est à dire au XVIe siècle, « avoir martel » signifiait « être perturbé par un sentiment de jalousie ».

Puis, rapidement, l’expression prit le sens de « se faire du souci ».

La métaphore est claire et très parlante. Elle compare les tourments, les interrogations répétées et le questionnement ininterrompu, à des coups de marteaux dans la tête !

Le verbe « marteler » en découle.

On peut ainsi lire sous la plume de Voltaire : « Je viens pour soulager le mal qui me martèle. »

Au XVIIIe siècle, le sens de l’expression se fixa, et désigna une obsession pour diverses préoccupations.

( 29 mai, 2018 )

AVOIR LA POISSE

D’où vient l’expression

« AVOIR LA POISSE » ?

« Avoir la poisse » signifie être frappé de grande malchance, avec une connotation de récurrence.

Celui qui a la poisse n’est pas seulement malchanceux, il manque également de réussite sur le long terme. Il a souvent des ennuis, et parfois de façon consécutive.

Le terme « poisse » vient du mot « poix », une sorte de colle épaisse et gluante fabriquée au Moyen-Âge avec de la résine de pin ou du goudron de bois. C’est cette matière visqueuse qui était déversée, brûlante, sur les assaillants des châteaux !

Cette substance donna le verbe « poisser », signifiant « enduire de poix ». Puis « la poisse » se mit naturellement à désigner quelque chose qui colle et dont on n’arrive pas à se défaire, comme la malchance.

« Avoir la poisse » devint ainsi synonyme d’avoir de la malchance sur une longue période.

( 29 mai, 2018 )

UN COUP DE POMPE

Pourquoi dit-on :

« UN COUP DE POMPE » ?

 

Un « coup de pompe » est une brusque baisse d’énergie. Celui qui le subit ressent une fatigue soudaine et profonde.

Cette expression est née au début du XXe siècle. La pompe en question n’est pas, à l’origine, celle utilisée par les cyclistes, même si l’expression aura dans ce domaine un certain succès. Elle est en revanche une référence directe aux courants d’air d’altitude qui peuvent faire monter ou descendre brusquement un avion en vol.

Pour un pilote, subir un « coup de pompe » signifie, le plus souvent : chuter soudainement, être tiré vers le bas, comme si l’avion perdait toute énergie.

Il faut également souligner que les passagers sortaient épuisés d’un tel vol, ce qui peut avoir contribué à donner son sens à cette expression. Ensuite, elle a été utilisée dans le milieu du cyclisme, pour souligner la fatigue passagère de certains coureurs, sans que la pompe située sur leur vélo n’y soit pour quoi que ce soit !

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